Feeds:
Articles
Commentaires

Habemus_papam

Inutile de prétendre vous faire un portrait de celui que je connais encore moins que certains autres candidats dont on avait vanté les qualités, mais qui ne me sont pas pour autant familiers. Le cardinal Jorge Mario Bergoglio, âgé de 76 ans, vient d’Argentine, et il est d’origine italienne. Pour l’heure, c’est mon savoir.

Il me semble opportun toutefois de souligner la portée symbolique de son choix. Un précédent presque égal à celui de la renonciation de Benoit XVI. Après un pape qui se retire, un remplaçant qui vient d’Amérique latine. Deux événements dont le caractère inédit ne peut pas rester inaperçu. Faut-il y voir un signe qu’il y a dans l’Église une vitalité qui a échappé aux observateurs les mieux informés? Pour ma part, j’y vois un signe d’espérance. Dans une Église dont on s’était presque habitué à ne plus attendre, voici qu’on nous en sert deux, et de taille, en quelques semaines.

Lire le texte complet sur le site web de La Presse.

Jean-Claude Breton, doyen
Faculté de théologie et de sciences des religions

mere_Teresa

Un article de Serge Larivée, Carole Sénéchal et Geneviève Chénard à paraître dans Sciences religieuses, mais déjà disponible par internet, a soulevé quelques questions et a valu des appels à la Faculté de théologie et de sciences des religions.

Malgré les indications claires des articles parlant de ce sujet dans le journal Forum ou sur le site de l’Université de Montréal, des personnes nous demandent si ces professeurs sont de notre faculté et quelles sont leurs compétences pour traiter semblable sujet. Ces professeurs ne sont pas de la FTSR, mais ils ont la compétence requise pour faire le travail qu’ils ont accompli.

Quel est le sens de la recherche qui a mené à cet article? Les auteurs s’en expliquent et ils cherchaient des témoins d’altruisme dans le monde actuel. Mère Teresa leur était apparue un modèle possible, mais qui n’a pas bien survécu à un examen un peu plus serré.

Que dit cet article au sujet de Mère Teresa? Pas grand-chose de plus que ce qui était déjà connu, puisqu’il reprend des études déjà publiées pour proposer son point de vue. Les questions soulevées au sujet de Mère Teresa circulent déjà depuis de nombreuses années et reçoivent une attention plus ou moins attentive, selon les convictions préalables des personnes.

Est-ce une bonne recherche? La recherche est meilleure que le laisse entendre les articles qui en parlent. On pourrait reprocher peut-être l’emploi abusif d’un mot ou l’autre, mais en général, le texte se défend bien et pose des questions sérieuses à envisager dans tous les cas où on veut accorder la sainteté de façon précipitée.

Finalement, si cela vous intéresse encore après ce que je viens de dire, je vous recommande la lecture de l’article issu de la recherche et déjà disponible en ligne.

Jean-Claude Breton, doyen
Faculté de théologie et de sciences des religions

Pour vivre les élections

John_Allen_jr

Une fois la surprise passée, la question qui est sur toutes les lèvres est de savoir qui sera le successeur de Benoit XVI. Au lieu de vous proposer mes élucubrations plus ou moins informées, je vous suggère de consulter le reporter John Allen jr sur le site du National Catholic Reporter : http://ncronline.org/

Allen est un spécialiste du Vatican et il offre depuis quelques jours une description d’un candidat possible à la succession. Sous le titre Papabile of the day, il fait la description de personnes dont le nom circule dans les milieux romains. Ces portraits sont très intéressants et me semblent suffisamment objectifs. D’un côté, ils mettent en évidence les atouts du candidat, de l’autre, ils évoquent des faiblesses qui pourraient desservir sa candidature.

Autour de cette chronique quotidienne, vous trouverez aussi d’autres articles en liens avec le prochain conclave. Ainsi, aujourd’hui, on explique ce qui pourrait être précisé dans un texte de Benoit XVI dans les jours qui viennent. Il s’agirait plus d’une harmonisation entre les dernières directives canoniques et le rituel habituellement suivi que de précisions sur la date éventuelle du conclave. Mais tout cela est présenté au conditionnel, dans l’attente du texte.

Voilà, pour soutenir votre patience, dans ces jours d’attente. Pour ma part, je reste à l’affut de tous les indices qui permettraient d’identifier l’influence d’un pape encore vivant dans l’élection de son successeur. C’est en quelque sorte une première, à notre ère des communications instantanées.
Et n’oubliez pas de prier; les cardinaux électeurs en auront besoin!

Jean-Claude Breton, doyen
Faculté de théologie et de sciences des religions

Benoit XVI

Benoît XVI annonçant sa renonciation au ministère pétrinien

Lundi 11 février 2013. C’est la course aux informations et aux commentaires. Parmi les invitations que j’ai reçues, je retiens celle de participer à un clavardage en direct sur Radio-Canada, à l’heure du midi. Non pas que j’ai tellement apprécié la formule, mais parce qu’elle ne permettait pas facilement de répondre à une question/commentaire qui a été laissée pour contre par l’animateur, et que je veux reprendre ici.

Je résume la portée de cette question. À quand une Église qui soit vraiment du Christ? Le pape n’est pas le chef de l’Église, c’est Jésus. L’Église catholique ne détient pas l’exclusivité, mais seuls les croyants qui se réclament de Jésus. Une Église de Jésus Christ qui s’appuie directement sur l’évangile, tel que livré dans la Bible. Et ça continuait un peu dans le même sens.

Il y a là matière à réflexion, quand ce ne serait que pour identifier les pièges contenus dans cette formule. Que signifie, par exemple, l’appui direct et exclusif sur le texte de la Bible? Va-t-on verser dans un littéralisme fondamentaliste? Et qui peut vraiment se réclamer de Jésus sans s’exposer automatiquement à tous les reproches que l’on connaît déjà. Comme dit la boutade : « Il y a eu un vrai chrétien dans l’histoire et on l’a tué pour cela. » Donc les disciples sont condamnés à n’être que des imitations plus ou moins réussies, même s’ils essaient de toutes leurs forces d’être fidèles.

Mais au-delà de ses limites, cette question est porteuse d’une invitation inspirante, il me semble. Est-ce que ce ne serait pas admirable que tous les cardinaux qui voteront pour le prochain pape le fassent avec l’unique préoccupation de trouver le candidat qui se rapproche le plus de ce que fut Jésus? Est-ce que tous les spécialistes de la politique vaticane ou ecclésiale n’auraient pas intérêt à prendre en considération dans leurs commentaires la plus ou moins grande fidélité à Jésus chez les candidats qu’ils présentent ou favorisent? Est-ce que tous les croyants, les fidèles de l’Église catholique, mais aussi des autres Église chrétiennes et des religions non-chrétiennes ne seraient pas rassurés pour l’avenir du monde, s’ils pouvaient compter sur un choix inspiré par Jésus? Est-ce que même les incroyants et les désintéressés chroniques ne verraient pas mieux le sens de la fonction pontificale, si elle était remplie par un homme choisi pour sa ressemblance spirituelle au Christ?

Je m’arrête, car j’entends déjà tous ceux et celles qui commencent à me traiter de rêveur et qui dénoncent mon manque de réalisme politique. Je m’arrête, mais non sans répéter que j’espère encore qu’on cherche à trouver des moyens pour que rien de ce que Jésus nous a enseigné ne se perde. C’est cet espoir en tout cas qui me remet en route chaque matin et qui me garde, malgré tout, un regard positif sur l’avenir. Comme disaient les premiers chrétiens : « Maranatha », que vienne Jésus!

Jean-Claude Breton, doyen
Faculté de théologie et de sciences des religions

Une grande nouvelle

pgmSouples_475

Le 22 janvier dernier, la Commission des études de l’Université de Montréal a accepté le projet de réforme des programmes de 1er cycle présentée par la Faculté de théologie et de sciences des religions.

Cette réforme majeure et profonde propose une démarche souple et progressive,  adaptée aux besoins de formation des hommes et des femmes qui veulent œuvrer au sein de la société dans le domaine du religieux. Pour permettre à des étudiants et étudiantes d’obtenir un diplôme de premier cycle en études religieuses (option théologie ou sciences des religions), pour offrir des possibilités de préalable à l’entrée dans des programmes d’études supérieures à la Faculté pour qui n’a pas une formation de base suffisante, et pour répondre à la demande de cours de service à offrir aux étudiants et étudiantes de départements et facultés de l’UdeM qui seront confrontés à diverses réalités religieuses dans leurs pratiques professionnelles, la FTSR a revu et bonifié sa banque de cours, qu’elle  rendra accessible dans quatre programmes. D’abord une mineure en études religieuses, puis deux majeures soit en théologie, soit en sciences des religions. Enfin, l’étudiant ou l’étudiante qui le souhaitera pourra compléter sa formation en obtenant un baccalauréat en études religieuses, orientation théologie ou sciences des religions.

Chaque étudiant sera encadré par l’un des quatre cheminements – ou parcours-type – élaborés en fonction des objectifs de formation : formation générale (1) en sciences des religions ou (2) en théologie, formation (3) à l’animation pastorale ou (4) à l’intervention en contexte de pluralisme religieux.

Ces nouveaux programmes seront disponibles à compter de septembre 2013 et la FTSR se réjouit de pouvoir ainsi offrir une formation de qualité en théologie et en sciences des religions qui saura répondre aux nouveaux défis de formation que réclament nos sociétés plurielles et diversifiées. Pour en savoir plus, allez à http://www.ftsr.umontreal.ca/etudes/index.html

Enfin, les personnes déjà inscrites actuellement à un programme de la FTSR ne sont pas laissées pour compte. Deux possibilités s’offrent à elles : compléter leur programme actuel, mais à partir de la nouvelle banque de cours – ce qui demandera des substitutions de cours. Ou mieux encore, passer de leur programme actuel à l’un des nouveaux programmes, en y transférant l’ensemble des cours déjà faits. Cela simplifiera beaucoup leur cheminement académique par la suite.

Jean-Claude Breton, doyen
Faculté de théologie et de sciences des religions

creche_Lafortune

Il y a eu quelques remous, récemment, autour de la décision de grandes surfaces de ne plus offrir de crèches de Noël à leurs clients. La raison évoquée : c’est du religieux et on ne veut plus s’impliquer là dedans. De quoi relancer les militants d’Hérouville et d’ouvrir une nouvelle commission Bouchard-Taylor? Pas tout à fait.

Un peu d’histoire

Les anciens de ma génération se souviendront qu’à l’époque de notre jeunesse, il ne venait à l’esprit de personne d’aller acheter une crèche dans un magasin. Peut-être à cause de la pauvreté généralisée d’alors, mais surtout, à mon avis, parce que cela devait être de production domestique. À 8 ou 9 ans, j’ai construit comme mes amis une crèche pour l’arbre de Noël familial, avec ses murs ouverts pour laisser la place aux animaux et son toit en «papier mâché».

C’était la coutume et c’est sans doute ce qui a permis à l’Oratoire Saint-Joseph d’offrir pendant de nombreuses années ses expositions de crèches de tous les genres et de toutes les tailles : il y a quand même des artisans qui ont plus de talent que moi.

Aujourd’hui

Puis le commerce s’est emparé de ces initiatives et les chrétiens ont pu se procurer des crèches offertes sur le marché. Est-il possible d’imaginer que le marché ait fini par être saturé et que la demande à la baisse aurait suggéré aux commerçants de passer à autre chose? Pour ma part, je crois qu’il y a aussi de cela dans la décision de certains de ne plus mettre de crèches en vente.

Et ma foi n’est pas mise à l’épreuve par cette décision. D’ailleurs, il semble bien que la crèche soit une « invention » de François d’Assise. Il y a donc eu une bonne douzaine de siècles où les chrétiens ont vécu la fête de Noël sans crèche. Pour ma part, je trouve qu’il y en a encore suffisamment dans les églises et qu’elles prennent suffisamment d’espace pour ne pas sentir le vide quand je ne trouve pas une crèche dans chaque maison.

Mais pour ceux et celles qui ont des sensibilités différentes et qui souhaiteraient retrouver l’esprit de la fête d’antan, il y a, cette année, une exposition d’animaux de la crèche à l’Oratoire. Cela peut sans doute parler autant à notre foi que les « bâtiments » dans lesquels on les a logés dans le passé!

Joyeux Noël à tout le monde,

Jean-Claude Breton, doyen
Faculté de théologie et de sciences des religions

Pas de retour au lynchage

allégorie de la justice

Il y a une policière qui a fait la manchette au-delà de toutes ses attentes, ces derniers temps. Mais il fallait que cette information soit communiquée et que les citoyens que nous sommes sachent ce qui est arrivé dans l’exercice de son travail. On a même poussé l’information un peu plus loin et déterré d’autres histoires qui laissent croire que cette agente de la paix n’en était pas à sa première bavure. On devine, par ailleurs, que ces histoires du passé ne seraient peut-être pas reçues par un juge lors d’un éventuel procès et que l’avocat qui voudraient utiliser ces événements anciens comme facteur aggravant pourrait se faire dire de s’en tenir aux faits. Un pays de droits a des pratiques précises de justice et cela m’amène au cœur de mon propos.

Fâchés sans doute à la vue et surtout à l’écoute des vidéos maison que les médias nous ont offerts pour parler de cette situation, des citoyens ont fait circuler d’autres informations sur les réseaux sociaux. Ainsi l’adresse personnelle de cette femme a été affichée, alors même qu’elle n’a pas été jugée ni que sa cause ait été entendue par les autorités compétentes. On a même dû offrir de la protection à cette policière qui craignait pour sa vie.

Je ne veux pas discuter ici des responsabilités de la policière ni des sanctions qui devaient éventuellement lui être imposées, mais je voudrais m’élever contre la pratique, qui tend à se répandre et que les médias sociaux peuvent facilement encourager, de traîner des accusés ou des présumés coupables sur la place publique et de leur imposer un lynchage sans autre forme de procès.

Toute proportion gardée, on peut penser aussi aux condamnations et quasi exécutions que certains pourraient proposer au visionnement des épisodes de la commission Charbonneau. Là aussi, la tentation est grande de tirer des conclusions hâtives et de vouloir faire justice le plus vite possible, puisque la justice officielle semble trop lente et clémente.

Je ne suis pas juriste de formation, mais je connais assez l’histoire pour savoir que ces mécanismes de justice se sont avérés un progrès dans la vie de l’humanité. Même si on peut parfois se questionner sur d’éventuel acquittement ou se surprendre de certaines sentences jugées trop légères, la société en général se porte mieux quand on prend le temps de rendre justice sans esprit de vengeance.

Pour ma part, je fais mien sans hésitation le dicton qui affirme qu’il vaut mieux échapper un coupable que de condamner un innocent. Et surtout je dénonce toutes les démarches qui nous ramèneraient au lynchage public.

Jean-Claude Breton, doyen
Faculté de théologie et de sciences des religions

Suivre

Recevez les nouvelles publications par mail.

Joignez-vous à 71 followers