Après mon blogue de la semaine dernière sur la fermeture éminente de Présence magazine, il y aura peut-être des personnes qui commenceront à se demander aussi qu’est-ce qui arrive à l’enseignement de la théologie au Québec. Est-ce que les difficultés des publications religieuses sont le reflet de problèmes plus vastes qui rejoindraient les facultés de théologie?
Avant de passer au vif du sujet, je propose une remarque sur les nouveaux noms de ces facultés. Autrefois nommées facultés de théologie, elles sont devenues depuis quelques années de théologie et de sciences des religions, ou de sciences religieuses. Ce premier virage ne signifie pas un abandon de la théologie, mais la prise en compte de la nouvelle situation religieuse où la diversité exige de pratiques adaptées en enseignement et en recherche. À l’origine des appellations transformées, il n’y avait donc pas un projet de mettre la théologie en veille. Qu’en est-il maintenant.
Je vais répondre à partir de la situation que je connais le mieux, celle de la Faculté de théologie et de sciences des religions (FTSR) de l’Université de Montréal. Nous avons effectivement connu des diminutions des inscriptions à nos programmes de premier cycle depuis quelques années. Les raisons de ce fait sont multiples et débordent l’espace alloué ici aux explications. Mais les inscriptions n’ont pas fléchi aux cycles supérieurs, où elles seraient plutôt à la hausse, et les inscriptions aux cours, tous cycles confondus sont actuellement à la hausse. Le phénomène est le suivant. Moins de personnes dans les programmes, mais plus dans les cours de la part d’étudiants de l’Université inscrits dans d’autres départements ou facultés. Mais une constante des inscriptions aux cycles supérieurs.
Il y aurait beaucoup de conséquences à explorer de ces constatations. J’en dégage une. Le nombre des diplômés aux cycles supérieurs montre que la formation de qualité en théologie n’est pas arrêtée. Nos diplômés récents au Ph.D sont encore majoritairement en théologie, même si le nombre en sciences des religions est en hausse.
Pour l’avenir, on peut anticiper un équilibre entre théologie et sciences des religions, même si cela ne signifie pas exactement le même nombre à chaque année. Car notre recrutement d’étudiants au doctorat déborde largement les frontières du Québec et on ne doit pas prédire uniquement à partir de la situation religieuse québécoise.
Bilan global. Nous sommes dans un processus de transition qui assurera la continuité de la faculté plutôt que de l’acculer au phénomène de la peau de chagrin.
Voir le Mot du doyen sur l’avenir de la Faculté
Jean-Claude Breton, doyen
Faculté de théologie et de sciences des religions






