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L’Université de Montréal est actuellement engagée dans une profonde réflexion portant sur l’ensemble de son organisation académique. L’objectif poursuivi est d’assurer une plus grande synergie entre les unités académiques afin de consolider ses pôles d’excellence et permettre le développement d’une plus grande interdisciplinarité dans un contexte de recherche et d’enseignement marqué par une plus grande complexité des questions et des problématiques.

C’est sur ce fond de scène que la Faculté de théologie et de sciences des religions a été invitée par la direction de l’Université à examiner les pistes de collaboration avec la Faculté des arts et des sciences afin d’assurer un plus grand développement de l’enseignement et de la recherche en théologie et en sciences des religions.

Comme nous pouvons tous l’observer, la question religieuse est de plus en plus présente dans l’actualité. Elle s’impose comme l’un des éléments incontournables dans les relations internationales tant aux plans politique que culturel ou économique. Plus près de nous, la diversité culturelle et religieuse, la pluralité des croyances et des appartenances interpellent les pratiques professionnelles tant dans le monde de la santé que dans celui de l’éducation ou de l’intervention psycho-sociale. Ces diverses réalités appellent une collaboration plus grande entre les disciplines universitaires qui s’intéressent à l’étude du religieux de façon à mieux répondre aux défis de la recherche et aux besoins de formation.

Au cours des prochains mois, la Faculté de théologie et de sciences des religions et la Faculté des arts et des sciences mèneront donc une réflexion commune axée sur la mise en œuvre de cette collaboration et sur les meilleurs moyens d’en assurer l’efficacité et la pérennité. Nous vous invitons à suivre l’évolution de ce dossier sur le site Internet de la Faculté et à nous faire part de vos souhaits et suggestions quant au développement de la théologie et des sciences des religions à l’Université de Montréal.

Jean-Marc Charron
administrateur exerçant la fonction de doyen

Twitter

C’est décidé. À l’instigation d’Olivier Bauer, l’Assemblée de faculté a accepté avec enthousiasme le choix un mot-clic (« hashtag » pour les anglophones) pour marquer les évènements liés à notre Faculté.

Pour être bref tout en étant reconnu, pour refléter ce que nous faisons, nous avons retenu le mot-clic : #ReligionsUdeM. Les habitués des réseaux sociaux (Twitter, Facebook, Instagram, etc.) disposeront donc d’un nouveau moyen de signaler ou de découvrir les activités facultatives.

Professeur-e-s, chargé-e-s de cours, étudiant-e-s, conférenciers/ères, ami-e-s de la Faculté, le mot-clic est à vous! Dès aujourd’hui, nous vous encourageons à l’ajouter à vos conversations sur les médias sociaux. Dès aujourd’hui, nous vous encourageons à le rechercher sur les médias sociaux.

Pour ma part, je vais essayer enfin d’utiliser mon abonnement à Twitter. Au lieu de recevoir des invitations répétées à m’en servir, je vais tenter de participer, au moins pour voir…

Jean-Claude Breton, doyen
Faculté de théologie et de sciences des religions

poupées russes

« À l’image des poupées russes qui s’imbriquent, il est possible de conjuguer un programme à un autre jusqu’à l’obtention du baccalauréat spécialisé en études religieuses. »

La citation qui précède est la première phrase du paragraphe intitulé Le cheminement académique, dans les informations sur les études de premier cycle à la Faculté de théologie et de sciences des religions (FTSR). Avec un peu de patience et en suivant ce cheminement, on arrive aux derniers mots du paragraphe qui sont : « baccalauréat en études religieuses, option théologie ou sciences des religions ».

Je vous concède qu’il manque peut-être un point ou deux sur les i et que tous les t n’ont pas reçu la barre qui convient, mais il me semble clair qu’en lisant cela on peut comprendre que la FTSR offre un baccalauréat spécialisée en études religieuses, option théologie ou sciences religions.

Mais comme le dit aussi la première citation, ce nouveau programme qui mène à un baccalauréat spécialisé option théologie se construit à la manière des poupées russes en assimilant progressivement les étapes qui le constituent. Ou, si vous voulez le dire plus simplement, il s’agit d’un baccalauréat par cumul. Mais il est le résultat d’un parcours où les choix de cours, l’accompagnement et les démarches d’intégration permettent de parvenir à un résultat qui satisfait les exigences d’un baccalauréat spécialisé.

Il a fallu l’expliquer quelques fois et à plusieurs personnes pour que ce modèle nouveau soit compris et accepté et nous ne disons peut-être pas suffisamment comment il faut comprendre les formules qui présentent le résultat de la démarche, sans reprendre les explications de toutes les étapes préalables.

J’espère qu’avec les mots qui précèdent, il ne fera plus de doute qu’il y a toujours de la théologie à la FTSR et que le programme de premier cycle peut mener à l’obtention d’un baccalauréat spécialisé en théologie.

Jean-Claude Breton, doyen
Faculté de théologie et de sciences religions

Avec portfolio électronique

eportfolio

Le jour même où nous prenions connaissance en réunion de professeur-es de la FTSR de notre nouveau portfolio, le journal Forum consacrait un long article à la multiplication des portfolios dans toute l’Université de Montréal. C’est à la mode, mais c’est plus qu’une mode.

Pour la première fois cet automne, les étudiants de premier cycle seront invités à utiliser un portfolio électronique pour suivre leur formation intellectuelle et personnelle à la FTSR. Ils seront à même de voir leur cheminement concret, de se rappeler les difficultés et les découvertes importantes.

Outil confié à l’étudiant, le portfolio peut aussi servir dans les rencontres avec son tuteur pour regarder les progrès accomplis et décider des étapes à entreprendre.

Éventuellement, le portfolio pourra aussi servir pour se présenter auprès d’un employeur et lui montrer les compétences et les aptitudes développées.

La version utilisée cette année n’est pas la première à avoir été envisagée, mais c’est la plus simple et la plus facile d’utilisation pour le moment. On peut prévoir en effet que l’usage suggèrera des améliorations, qui ne devront toutefois pas annuler les acquis.

Un nouvel outil dont les étudiants et professeurs sauront apprendre à tirer le meilleur parti possible. Pour toujours s’améliorer, car on n’est jamais à l’abri des erreurs et des coquilles. Témoin : dans mon blogue précédent, j’ai parlé de mineure en sciences religieuses celle qui s’appelle vraiment mineure en études religieuses, ce qui inclut théologie et sciences des religions ou sciences religieuses, comme on dit ailleurs.

Jean-Claude Breton, doyen
Faculté de théologie et de sciences des religions

poupées russes

Parce que la Faculté s’appelle de théologie et de sciences des religions, des personnes s’amusent à répéter qu’il ne s’y fait plus de théologie. Et pourtant…

La Faculté de théologie et de sciences des religions entame la deuxième année de la réforme de ses programmes de premier cycle. L’achèvement ultime de ce parcours est un baccalauréat spécialisé en théologie ou en sciences religions. Auparavant, l’étudiant-e s’est inscrit d’abord à une mineure en sciences religieuses, puis dans une majeure en théologie ou sciences des religions.

Facile à comprendre; c’est le principe des poupées russes. Et surtout un parcours qui offre chaque année suffisamment de cours pour satisfaire une préférence pour la théologie et/ou les sciences des religions.

En plus, comme ces programmes sont souples et ouverts, nous avons ajouté un cours d’encadrement, un accompagnement par des tuteurs et, cette année, l’utilisation d’un portfolio. Toutes des mesures qui visent à aider le choix des cours, à intégrer les formations proposées et à se constituer un cheminement à la fois personnalisé et structuré.

Oui, c’est une révolution en comparaison des programmes habituels, qui encadrent mur à mur, pour reprendre une formule courante de nos jours. Mais une révolution qui ne vise pas à tout détruire, mais plutôt à construire différemment. Au cœur de cette démarche, le désir ferme de former des étudiants non seulement informés, mais formés de façon à acquérir une autonomie dans leur formation.

Je reviendrai, dans les prochaines semaines, avec plus d’explications et des réponses à ceux et celles qui voudront bien me soumettre leurs questions.

Jean-Claude Breton, doyen
Faculté de théologie et de sciences des religions

Mes premiers vrais souvenirs d’une campagne électorale remontent à l’époque de Maurice Duplessis. On était alors mis en garde contre les dangers de la « menace communiste » et des « œufs polonais ». Un exemple entre mille de la hauteur des arguments utilisés dans ce temps que je croyais révolu.

La présente campagne est toutefois en train de semer le doute dans mon esprit. Est-il possible de retourner en arrière, aussi loin et aussi rapidement, qu’on semble le faire actuellement? Difficile de vous proposer des exemples concrets sans être soupçonné de favoriser un parti ou l’autre. Je vous laisse donc construire votre liste personnelle des abus de langage et des vérités trafiquées. Malgré les efforts quotidiens de Radio-Canada pour évaluer les positions de nos candidats actuels, ces derniers, et ici le masculin inclut le féminin, continuent de répéter ce qu’il faudrait au moins nuancer, sinon définitivement ne plus affirmer comme vrai.

La surenchère verbale ne connaît plus de limites et tout le monde semble être porté par une prescription qui enlève toute inhibition. Plus personne n’entend la voix qui lui recommanderait au moins un peu de modération.

Pendant ce temps, des personnes, plus ou moins organisées, ne cessent d’attirer, sans succès, l’attention des politiciens à leurs problèmes. À quelques jours du vote, les stratégies se multiplient pour convaincre les électeurs de voter d’un côté ou l’autre, sans tenir compte ni de leurs attentes ni de leurs besoins. La peur et la tromperie sont devenues les maîtresses du discours et si quelqu’un renonce à les utiliser, on peut douter de son sens politique et de ses chances de succès.

Toujours dans la même campagne, tout le monde se drape d’honnêteté, de probité et de transparence. À croire que les mots ne veulent plus rien dire.

Je sais que des commentaires comme ceux qui précèdent se méritent souvent la réplique suivante : « On a les politiciens qu’on mérite. » Et ce n’est pas faux. On est de plus en plus passé à la politique spectacle et la très grande majorité attend de ce spectacle la même chose que des autres : un divertissement. Si en plus, il est possible de couronner un gagnant populaire, tout le monde est satisfait. Apparemment. Car je ne suis pas convaincu que les militants des différents partis qui offrent des heures de bénévolat se reconnaîtraient dans le rôle de saltimbanque. Je ne suis pas certain non plus que tous les candidats et candidates se contentent de s’offrir en spectacle. Mais il y a trop de personnes qui sont prises dans le jeu de la campagne. Il y a parfois des sages qui proposent de limiter le nombre de sondages durant une campagne. Pour éviter de trop influencer l’électorat. Faudrait-il aussi limiter le nombre d’heures vouées aux « informations » sur la campagne? Avec les réseaux d’information continue, rares sont les électeurs qui ont encore le goût de prendre le temps de réfléchir et de critiquer cette masse d’informations, à la limite bien indigeste.

Mais suis-je à mon tour en train de « déraper »? Peut-être que je me livre au même abus en parlant de pâquerettes : qu’est-ce que j’ai contre ces pauvres fleurs?

Jean-Claude Breton, doyen
Faculté de théologie et de sciences des religions

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On trouve sur le campus de l’Université de Montréal les traces de liens étroits qui ont longtemps lié l’Université avec l’Église catholique-romaine. Dans le cadre du cours REL1220 – Introduction au christianisme, j’ai demandé aux étudiant-e-s d’en repérer quelques unes et de les photographier. Avec leurs images, nous avons créé une galerie virtuelle que je vous suggère de visiter sur le site de notre Faculté. Mais, je peux d’ores et déjà vous révéler en mots ce que vous verrez en images.

Les étudiant-e-s ont retrouvé la trace du christianisme dans la devise de l’Université de Montréal : « Fide splendet et scientia » (elle brille par la foi et la science); dans les noms de certains pavillons (sainte Marguerite d’Youville est la fondatrice des Sœurs de la Charité de Montréal, frère Marie-Victorin était un religieux botaniste et Lionel Groulx un chanoine historien); dans certains détails architecturaux : des croix (sur une tourelle du pavillon Roger-Gaudry et sur les façades nord des Facultés de musique et de la Faculté de l’aménagement), une grande dédicace à « Jésus et Marie, ma force et ma gloire » au-dessus du portail sud du pavillon Marie-Victorin; dans certaines œuvres d’arts comme cette statue de Jeanne d’Arc, près du pavillon Claire-McNicoll.

Toutes ces traces sont « mortes », en quelque sorte. Elles témoignent d’un passé, réel, mais aujourd’hui révolu. Il en va autrement d’autres images qui sont les signes d’une relation toujours actuelle au christianisme, les traces « vives » que représentent l’existence d’une Faculté de théologie et de sciences des religions, dans laquelle le christianisme forme encore le principal champ d’études; les Bibles que renferme la Bibliothèque des lettres et des sciences humaines; ou, dans une relation plus lâche et plus complexe, le Centre étudiant Benoît-Lacroix, une communauté catholique d’étudiants et d’étudiantes universitaires affiliée à l’Université de Montréal.

Bien-sûr, il ne s’agit là que de traces. Mais elles prennent évidemment un sens particulier dans le contexte du débat autour de la laïcité et des valeurs québécoises. À coup sur, il existe d’autres traces sur le campus. Rien ne vous empêche d’ailleurs de photographier celles que vous avez repérées et de nous envoyer vos photographies. Nous les ajouterons à notre galerie virtuelle.

En attendant, vous pouvez regarder les images qui figurent sur le site de la Faculté de théologie et de sciences des religions. Et vous pouvez regarder mes propres photographies sur mon blogue « Une théologie du quotidien ». Bonne visite!

Olivier Bauer, professeur
Faculté de théologie et de sciences des religions

Au nom de la longue amitié entre Dialogue judéo-chrétien et la Faculté de théologie et de sciences des religions, il nous fait plaisir de diffuser le présent communiqué de presse.

Montréal, QC – Une semaine avant que la Commission des institutions de l’Assemblée nationale commence les auditions publiques sur le projet de loi 60, le Dialogue judéo-chrétien de Montréal (DJCM) a mis en ligne sur YouTube deux vidéos qui célèbrent la diversité religieuse et culturelle du Québec. Le DJCM a aussi indiqué qu’il a soumis un mémoire avant l’échéance de décembre, dans lequel il souhaite un Québec ouvert et accueillant où les Québécois sont libres de vivre leur spiritualité à leur manière, quelle que soit sa forme.

Les deux vidéos sont accessibles par les liens suivants:

Le Dialogue a réuni quinze individus d’âge, de religions, de cultures et de professions différentes pour qu’ils répondent à la question : « Pour vous, que signifie être un Québécois? » Des retraités aux étudiants, l’ensemble des personnes interrogées répondent qu’être un Québécois signifie faire partie d’une communauté qui privilégie des valeurs de respect, de compréhension, d’inclusion et de tolérance.

« Pour moi, le critère pour être un Québécois c’est répondre à un critère simple énoncé par René Lévesque, que j’ai connu », dit Victor Goldbloom, un pédiatre, conférencier et politicien qui a été Commissaire aux langues officielles du Canada. « Il a dit essentiellement être Québécois, c’est vouloir être Québécois’. Au cours de mes 90 années de vie, j’ai vu évoluer notre société. J’ai vu le Québec devenir ouvert, généreux et accueillant. Je ne voudrais pas retourner aux années de contrainte que j’ai connues au cours de ma jeunesse. »

« Le CJDM veut promouvoir l’idée que nous pouvons apprendre à vivre ensemble dans l’harmonie et que nous pouvons célébrer également notre diversité » dit Catherine Jarvis, Directrice des Affaires publiques pour l’Église de Jésus Christ des Saints du Dernier Jour, région du Québec, et membre du comité directeur du CJDM. « L’histoire du Québec est riche et nous en faisons tous partie. C’est cet esprit que nous avons cherché à saisir dans ces vidéos et que nous voulons mettre de l’avant à la veille des audiences de la Commission.»

Dans son mémoire à la Commission de l’Assemblée Nationale, le DJCM se dit troublé par l’impression que le gouvernement, dans sa préoccupation d’assurer la neutralité de l’État, ne cherche à faire taire les religions et à les faire disparaître. Il souligne que la religion demeure importante dans la vie de bien des citoyens du Québec et motive leur engagement au service de la paix et de la justice sociale, de même que leur ouverture aux autres. Ce sont des valeurs communes positives qui devraient être bienvenues dans l’espace public plutôt que d’être refoulées dans la sphère privée. De plus, tout en reconnaissant que l’État devrait faire preuve de neutralité religieuse et que chaque personne qui incarne l’autorité publique devrait faire abstraction de ses convictions religieuses dans l’exercice de ses fonctions, le DJCM insiste sur le fait que la neutralité et l’objectivité se situent dans le coeur, dans l’esprit et dans la formation préalable, et non dans le port de vêtements ou de symboles religieux.

Le comité responsable de la préparation de ces viséos était composé de Catherine Jarvis (Église de Jésus Christ des Saints du Dernier Jour), la Rév. Diane Rollert (Église Unitarienne de Montréal), la Rabbin Lisa Grushcow (Temple Emanu-El-Beth Sholom), Catherine Cherry (Église catholique), la Rév. Dr. Patricia Kirkpatrick (Église anglicane) Anglican) et Ana Carina Fratta (Église de Jésus Christ des Saints du Dernier Jour). Le tournage et le montage ont été réalisés par Samuel Bilodeau.

Au sujet du DJCM

Fondé en 1971, le Dialogue judéo-chrétien de Montréal (DJCM), qui se réunit mensuellement, est composé de membres du clergé et de responsables laïcs engagés à renforcer les relations entre juifs et chrétiens dans la région de Montréal par la réalisation de diverses activités et projets.

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Pour plus d’information ou pour organiser des entrevues avec le Prof. Jean Duhaime, le Dr. Victor Goldbloom, la Rabbin Lisa Grushcow or la Rév. Diane Rollert, veuillez communiquer avec:

Alessandra Salituri
Tél.: 514-750-0887
Courriel: alessandra.salituri@jgoldbloom.ca

Evangelii gaudium

Evangelii_gaudium

Le pape François a publié sous ce titre, la semaine dernière, un document important qui veut dire dans quel esprit l’évangélisation doit se réaliser. Un texte aussi qui sert, à sa façon, de conclusion au synode de l’automne 2012 sur la nouvelle évangélisation.

Les amis de la Faculté de théologie et de sciences des religions se rappelleront la rencontre très fréquentée organisée par le diocèse de Montréal et la Faculté pour préparer à ce synode. Grâce au travail, chez nous, du professeur Jean-François Roussel et du nouveau docteur Jean-Marc Barreau, dont la recherche doctorale portait sur le sujet, nous avons permis à beaucoup d’artisans de la pastorale québécoise de réfléchir sur les enjeux de ce thème.

En écho à cette activité très réussie, je vous propose un extrait du texte du pape François sur la nouvelle évangélisation.

La nouvelle évangélisation pour la transmission de la foi

14. À l’écoute de l’Esprit, qui nous aide à reconnaître, communautairement, les signes des temps, du 7 au 28 octobre 2012, a été célébrée la XIIIème Assemblée générale ordinaire du Synode des Évêques sur le thème La nouvelle évangélisation pour la transmission de la foi chrétienne. On y a rappelé que la nouvelle évangélisation appelle chacun et se réalise fondamentalement dans trois domaines.[10] En premier lieu, mentionnons le domaine de la pastorale ordinaire, « animée par le feu de l’Esprit, pour embraser les cœurs des fidèles qui fréquentent régulièrement la Communauté et qui se rassemblent le jour du Seigneur pour se nourrir de sa Parole et du Pain de la vie éternelle ».[11] Il faut aussi inclure dans ce domaine les fidèles qui conservent une foi catholique intense et sincère, en l’exprimant de diverses manières, bien qu’ils ne participent pas fréquemment au culte. Cette pastorale s’oriente vers la croissance des croyants, de telle sorte qu’ils répondent toujours mieux et par toute leur vie à l’amour de Dieu. En second lieu, rappelons le domaine des « personnes baptisées qui pourtant ne vivent pas les exigences du baptême »,[12] qui n’ont pas une appartenance du cœur à l’Église et ne font plus l’expérience de la consolation de la foi. L’Église, en mère toujours attentive, s’engage pour qu’elles vivent une conversion qui leur restitue la joie de la foi et le désir de s’engager avec l’Évangile.

Enfin, remarquons que l’évangélisation est essentiellement liée à la proclamation de l’Évangile à ceux qui ne connaissent pas Jésus Christ ou l’ont toujours refusé. Beaucoup d’entre eux cherchent Dieu secrètement, poussés par la nostalgie de son visage, même dans les pays d’ancienne tradition chrétienne. Tous ont le droit de recevoir l’Évangile. Les chrétiens ont le devoir de l’annoncer sans exclure personne, non pas comme quelqu’un qui impose un nouveau devoir, mais bien comme quelqu’un qui partage une joie, qui indique un bel horizon, qui offre un banquet désirable. L’Église ne grandit pas par prosélytisme mais « par attraction ». [13]

15. Jean-Paul II nous a invité à reconnaître qu’il « est nécessaire de rester tendus vers l’annonce » à ceux qui sont éloignés du Christ, « car telle est la tâche première de l’Église ».[14] L’activité missionnaire « représente, aujourd’hui encore, le plus grand des défis pour l’Église »[15] et « la cause missionnaire doit avoir la première place ».[16] Que se passerait-il si nous prenions réellement au sérieux ces paroles ? Nous reconnaîtrions simplement que l’action missionnaire est le paradigme de toute tâche de l’Église. Dans cette ligne, les évêques latino-américains ont affirmé que « nous ne pouvons plus rester impassibles, dans une attente passive, à l’intérieur de nos églises »,[17] et qu’il est nécessaire de passer « d’une pastorale de simple conservation à une pastorale vraiment missionnaire ».[18] Cette tâche continue d’être la source des plus grandes joies pour l’Église : « Il y aura plus de joie dans le ciel pour un seul pécheur qui se repent que pour quatre-vingt-dix-neuf justes, qui n’ont pas besoin de repentir » (Lc 15, 7).

Bonne lecture à ceux et celles qui voudraient lire le texte complet sur le site Web du Vatican.

Jean-Claude Breton, doyen
Faculté de théologie et de sciences des religions

« Un débat difficile », c’est ce à quoi nous conviait le ministre Bernard Drainville, le 10 septembre dernier, quand il a présenté le document d’orientation « Parce que nos valeurs, on y croit ». Je le revois encore écarter, le cœur sur la main, les critiques d’électoralisme de commentateurs politiques : Dieu, qu’on était suspicieux ! Ce que le gouvernement déposait, ce n’était pas un document définitif, mais bien le premier jalon d’une discussion publique, au cours de laquelle il allait être important d’« écouter les arguments de part et d’autre ». Nous avons bien voulu y croire.

Il y a donc deux mois que les meilleures énergies du Québec se mobilisent pour analyser ce projet, ses implications, évaluer ses possibilités juridiques, institutionnelles. À force de repasser dans les mêmes sillons de ce sol boueux et fatigué, les positions sont tranchées, les tranchées sont creusées. Cela arrive rapidement quand les principes, les passions, les répulsions et les peurs des uns et des autres se rencontrent. Le sens commun sait que la religion fait partie de ces sujets de discussion à haut potentiel polémique.

Si votre gouvernement était vraiment convaincu de la nécessité de rouvrir un débat mené de manière déjà très approfondie par la Commission Bouchard-Taylor il y a cinq ans, n’aviez-vous pas la responsabilité de veiller à ce qu’il soit fait de manière la plus ouverte possible ? N’aviez-vous pas vous-même la responsabilité d’écouter les arguments de part et d’autre ?

J’ai beau être situé moi-même dans ce débat, je peux reconnaître la générosité de plusieurs personnes et groupes qui y interviennent, même quand leurs positions me heurtent. Les principes qui s’affrontent sont le plus souvent très respectables. Sans nier certaines divergences de principes, nous nous divisons aussi au nom de valeurs que nous partageons tous pourtant : égalité des citoyens, défense des droits des femmes, libertés fondamentales, intégration des personnes immigrantes, neutralité religieuse de l’État, cohésion sociale. Nous nous tabassons à coups de verges qui pourraient être autant de perches tendues.

Je choisis de reconnaître la valeur des motivations fondamentales de ceux qui ne pensent pas comme moi. Même la xénophobie et l’islamophobie, je fais l’effort – immense – de les distinguer de la bonne foi des personnes qui les expriment, tant qu’elles ne le font pas par l’agression. Ces personnes ont peur, et on ne répond pas à la peur par le mépris ou l’hostilité, mais par le dialogue. J’écoute aussi le point de vue de personnes néo-Québécoises qui ont une expérience de l’intégrisme religieux. Tenez, ces derniers jours, je dialoguais avec une dame, elle-même originaire d’un pays de culture musulmane. L’intégrisme islamiste a mis à mal quelques pays où elle a vécu auparavant, elle ne veut pas voir ça au Québec. C’est pourquoi elle appuie votre projet sans réserve. Je ne crois pas qu’il puisse avoir quelque effet que ce soit sur les prédicateurs islamistes qu’elle redoute, sinon celui de faciliter leur propagande. Cela dit, je peux très bien comprendre que mon interlocutrice se méfie de l’intégrisme musulman.

Ce projet est devenu le point de rencontre d’un fouillis d’attentes multiples, parfois incompatibles. Les uns appuient la Charte au nom de la neutralité religieuse de l’État ; d’autres au nom de la lutte contre la religion/ l’islam, comme adversaire du progrès, ce qui est le contraire de la neutralité ; d’autres pour évacuer les signes religieux de l’espace public, ce qui n’est pas l’effet escompté de ce projet ; d’autres pour contrer l’influence de prédicateurs radicaux dans certaines mosquées, par des mesures dont l’effet en ce sens m’échappe pour le moment; d’autres pour combattre les crimes d’honneur, qu’on ne préviendra pas en disant aux potentielles victimes d’enlever leurs chapeaux; ou le terrorisme, qu’on ne repousse pas parce qu’on rédige des « balises claires » à l’intention de gens qui s’en contrefichent.

Tant d’attentes démesurées, et souvent parfaitement étrangères à la teneur de ce projet de loi… Mais vous laissez dire, vous laissez espérer. Espérez, espérez ce que vous voulez, mais espérez. La surenchère des attentes bientôt déçues prépare la vague de la prochaine marée électorale.

Il eût été tellement facile de recevoir, comme autant d’opportunités constructives, les suggestions de compromis qui convergent de toutes parts depuis deux mois. On vous en a présentées du côté de la CAQ et de Québec solidaire, dont les appuis vous auraient aidé à faire adopter votre projet. Nous avons vu comment ont été reçues les interventions de deux anciens premiers ministres péquistes. Lucien Bouchard vous démontrait qu’en retirant la seule disposition jugée excessive par l’ensemble des milieux institutionnels touchés, et en conservant tout le reste, votre projet de loi serait sans doute adopté à l’unanimité par l’Assemblée Nationale, symbole d’un Québec réuni autour de valeurs phares. Vous avez bien voulu lui reconnaître mollement le droit de s’exprimer comme citoyen… Jacques Parizeau était encore plus conciliant : il ne vous invitait pas à retirer cette disposition sur les signes religieux ostentatoires, mais à l’assouplir. Je me souviendrai longtemps de la réplique d’un Jean-François Lisée en verve, attaquant sa position comme tantôt péquiste, tantôt caquiste, tantôt libérale, tantôt Femen ; Jacques Parizeau dont l’hérésie avait été d’« écouter les arguments de part et d’autre »…

On voit maintenant le résultat. Les seules modifications au projet initial vont dans le sens d’un durcissement. « Ce gouvernement n’écoute pas ! », répétiez-vous à propos du précédent dans la crise des frais de scolarité… Vous nous avez bien eus.

Nos idées sur les libertés fondamentales, sur le sacré, sur la laïcité et sur le bien commun, méritent mieux que d’être utilisées par un gouvernement sans projet pour faire avancer son prochain autobus électoral. Par « nos idées », veuillez entendre celles des « pro-charte », celles des « inclusifs », celles de tous ceux qui défendent avec sincérité leurs convictions, devant un gouvernement qui n’en a pas beaucoup. Que nous soyons pro-charte ou inclusifs, vous ne nous méritez pas. Et c’est cela, au fond, la seule leçon de cette histoire.

Finalement, je ne jouerai pas votre jeu. Vous avez choisi de nous monter les uns contre les autres. Je décline votre invitation. Pour autant qu’ils croient à ce qu’ils défendent, je choisis d’aller vers les autres qui ne pensent pas comme moi. Même si c’est difficile. Parce que c’est difficile.

Jean-François Roussel, professeur
Faculté de théologie et de sciences des religions

Note : Une partie de ce texte a été publié dans le journal La Presse du mercredi 13 novembre 2013.