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Evangelii gaudium

Evangelii_gaudium

Le pape François a publié sous ce titre, la semaine dernière, un document important qui veut dire dans quel esprit l’évangélisation doit se réaliser. Un texte aussi qui sert, à sa façon, de conclusion au synode de l’automne 2012 sur la nouvelle évangélisation.

Les amis de la Faculté de théologie et de sciences des religions se rappelleront la rencontre très fréquentée organisée par le diocèse de Montréal et la Faculté pour préparer à ce synode. Grâce au travail, chez nous, du professeur Jean-François Roussel et du nouveau docteur Jean-Marc Barreau, dont la recherche doctorale portait sur le sujet, nous avons permis à beaucoup d’artisans de la pastorale québécoise de réfléchir sur les enjeux de ce thème.

En écho à cette activité très réussie, je vous propose un extrait du texte du pape François sur la nouvelle évangélisation.

La nouvelle évangélisation pour la transmission de la foi

14. À l’écoute de l’Esprit, qui nous aide à reconnaître, communautairement, les signes des temps, du 7 au 28 octobre 2012, a été célébrée la XIIIème Assemblée générale ordinaire du Synode des Évêques sur le thème La nouvelle évangélisation pour la transmission de la foi chrétienne. On y a rappelé que la nouvelle évangélisation appelle chacun et se réalise fondamentalement dans trois domaines.[10] En premier lieu, mentionnons le domaine de la pastorale ordinaire, « animée par le feu de l’Esprit, pour embraser les cœurs des fidèles qui fréquentent régulièrement la Communauté et qui se rassemblent le jour du Seigneur pour se nourrir de sa Parole et du Pain de la vie éternelle ».[11] Il faut aussi inclure dans ce domaine les fidèles qui conservent une foi catholique intense et sincère, en l’exprimant de diverses manières, bien qu’ils ne participent pas fréquemment au culte. Cette pastorale s’oriente vers la croissance des croyants, de telle sorte qu’ils répondent toujours mieux et par toute leur vie à l’amour de Dieu. En second lieu, rappelons le domaine des « personnes baptisées qui pourtant ne vivent pas les exigences du baptême »,[12] qui n’ont pas une appartenance du cœur à l’Église et ne font plus l’expérience de la consolation de la foi. L’Église, en mère toujours attentive, s’engage pour qu’elles vivent une conversion qui leur restitue la joie de la foi et le désir de s’engager avec l’Évangile.

Enfin, remarquons que l’évangélisation est essentiellement liée à la proclamation de l’Évangile à ceux qui ne connaissent pas Jésus Christ ou l’ont toujours refusé. Beaucoup d’entre eux cherchent Dieu secrètement, poussés par la nostalgie de son visage, même dans les pays d’ancienne tradition chrétienne. Tous ont le droit de recevoir l’Évangile. Les chrétiens ont le devoir de l’annoncer sans exclure personne, non pas comme quelqu’un qui impose un nouveau devoir, mais bien comme quelqu’un qui partage une joie, qui indique un bel horizon, qui offre un banquet désirable. L’Église ne grandit pas par prosélytisme mais « par attraction ». [13]

15. Jean-Paul II nous a invité à reconnaître qu’il « est nécessaire de rester tendus vers l’annonce » à ceux qui sont éloignés du Christ, « car telle est la tâche première de l’Église ».[14] L’activité missionnaire « représente, aujourd’hui encore, le plus grand des défis pour l’Église »[15] et « la cause missionnaire doit avoir la première place ».[16] Que se passerait-il si nous prenions réellement au sérieux ces paroles ? Nous reconnaîtrions simplement que l’action missionnaire est le paradigme de toute tâche de l’Église. Dans cette ligne, les évêques latino-américains ont affirmé que « nous ne pouvons plus rester impassibles, dans une attente passive, à l’intérieur de nos églises »,[17] et qu’il est nécessaire de passer « d’une pastorale de simple conservation à une pastorale vraiment missionnaire ».[18] Cette tâche continue d’être la source des plus grandes joies pour l’Église : « Il y aura plus de joie dans le ciel pour un seul pécheur qui se repent que pour quatre-vingt-dix-neuf justes, qui n’ont pas besoin de repentir » (Lc 15, 7).

Bonne lecture à ceux et celles qui voudraient lire le texte complet sur le site Web du Vatican.

Jean-Claude Breton, doyen
Faculté de théologie et de sciences des religions

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Habemus_papam

Inutile de prétendre vous faire un portrait de celui que je connais encore moins que certains autres candidats dont on avait vanté les qualités, mais qui ne me sont pas pour autant familiers. Le cardinal Jorge Mario Bergoglio, âgé de 76 ans, vient d’Argentine, et il est d’origine italienne. Pour l’heure, c’est mon savoir.

Il me semble opportun toutefois de souligner la portée symbolique de son choix. Un précédent presque égal à celui de la renonciation de Benoit XVI. Après un pape qui se retire, un remplaçant qui vient d’Amérique latine. Deux événements dont le caractère inédit ne peut pas rester inaperçu. Faut-il y voir un signe qu’il y a dans l’Église une vitalité qui a échappé aux observateurs les mieux informés? Pour ma part, j’y vois un signe d’espérance. Dans une Église dont on s’était presque habitué à ne plus attendre, voici qu’on nous en sert deux, et de taille, en quelques semaines.

Lire le texte complet sur le site web de La Presse.

Jean-Claude Breton, doyen
Faculté de théologie et de sciences des religions

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John_Allen_jr

Une fois la surprise passée, la question qui est sur toutes les lèvres est de savoir qui sera le successeur de Benoit XVI. Au lieu de vous proposer mes élucubrations plus ou moins informées, je vous suggère de consulter le reporter John Allen jr sur le site du National Catholic Reporter : http://ncronline.org/

Allen est un spécialiste du Vatican et il offre depuis quelques jours une description d’un candidat possible à la succession. Sous le titre Papabile of the day, il fait la description de personnes dont le nom circule dans les milieux romains. Ces portraits sont très intéressants et me semblent suffisamment objectifs. D’un côté, ils mettent en évidence les atouts du candidat, de l’autre, ils évoquent des faiblesses qui pourraient desservir sa candidature.

Autour de cette chronique quotidienne, vous trouverez aussi d’autres articles en liens avec le prochain conclave. Ainsi, aujourd’hui, on explique ce qui pourrait être précisé dans un texte de Benoit XVI dans les jours qui viennent. Il s’agirait plus d’une harmonisation entre les dernières directives canoniques et le rituel habituellement suivi que de précisions sur la date éventuelle du conclave. Mais tout cela est présenté au conditionnel, dans l’attente du texte.

Voilà, pour soutenir votre patience, dans ces jours d’attente. Pour ma part, je reste à l’affut de tous les indices qui permettraient d’identifier l’influence d’un pape encore vivant dans l’élection de son successeur. C’est en quelque sorte une première, à notre ère des communications instantanées.
Et n’oubliez pas de prier; les cardinaux électeurs en auront besoin!

Jean-Claude Breton, doyen
Faculté de théologie et de sciences des religions

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Benoit XVI

Benoît XVI annonçant sa renonciation au ministère pétrinien

Lundi 11 février 2013. C’est la course aux informations et aux commentaires. Parmi les invitations que j’ai reçues, je retiens celle de participer à un clavardage en direct sur Radio-Canada, à l’heure du midi. Non pas que j’ai tellement apprécié la formule, mais parce qu’elle ne permettait pas facilement de répondre à une question/commentaire qui a été laissée pour contre par l’animateur, et que je veux reprendre ici.

Je résume la portée de cette question. À quand une Église qui soit vraiment du Christ? Le pape n’est pas le chef de l’Église, c’est Jésus. L’Église catholique ne détient pas l’exclusivité, mais seuls les croyants qui se réclament de Jésus. Une Église de Jésus Christ qui s’appuie directement sur l’évangile, tel que livré dans la Bible. Et ça continuait un peu dans le même sens.

Il y a là matière à réflexion, quand ce ne serait que pour identifier les pièges contenus dans cette formule. Que signifie, par exemple, l’appui direct et exclusif sur le texte de la Bible? Va-t-on verser dans un littéralisme fondamentaliste? Et qui peut vraiment se réclamer de Jésus sans s’exposer automatiquement à tous les reproches que l’on connaît déjà. Comme dit la boutade : « Il y a eu un vrai chrétien dans l’histoire et on l’a tué pour cela. » Donc les disciples sont condamnés à n’être que des imitations plus ou moins réussies, même s’ils essaient de toutes leurs forces d’être fidèles.

Mais au-delà de ses limites, cette question est porteuse d’une invitation inspirante, il me semble. Est-ce que ce ne serait pas admirable que tous les cardinaux qui voteront pour le prochain pape le fassent avec l’unique préoccupation de trouver le candidat qui se rapproche le plus de ce que fut Jésus? Est-ce que tous les spécialistes de la politique vaticane ou ecclésiale n’auraient pas intérêt à prendre en considération dans leurs commentaires la plus ou moins grande fidélité à Jésus chez les candidats qu’ils présentent ou favorisent? Est-ce que tous les croyants, les fidèles de l’Église catholique, mais aussi des autres Église chrétiennes et des religions non-chrétiennes ne seraient pas rassurés pour l’avenir du monde, s’ils pouvaient compter sur un choix inspiré par Jésus? Est-ce que même les incroyants et les désintéressés chroniques ne verraient pas mieux le sens de la fonction pontificale, si elle était remplie par un homme choisi pour sa ressemblance spirituelle au Christ?

Je m’arrête, car j’entends déjà tous ceux et celles qui commencent à me traiter de rêveur et qui dénoncent mon manque de réalisme politique. Je m’arrête, mais non sans répéter que j’espère encore qu’on cherche à trouver des moyens pour que rien de ce que Jésus nous a enseigné ne se perde. C’est cet espoir en tout cas qui me remet en route chaque matin et qui me garde, malgré tout, un regard positif sur l’avenir. Comme disaient les premiers chrétiens : « Maranatha », que vienne Jésus!

Jean-Claude Breton, doyen
Faculté de théologie et de sciences des religions

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Obama et Chavez

Le Vatican a vivement réagi à une nouvelle campagne de Benetton où l’on voyait le pape Benoit XVI embrasser un imam. Par respect à la fois pour le pape et pour les catholiques dont il est le « chef », on a souligné ce que cette publicité pouvait avoir d’abusif. La réponse est venue rapidement. Benetton a retiré cette publicité, tout en maintenant les autres où l’on voit, par exemple, le président Obama embrasser Chavez.

Le contexte. Il faut rappeler que ce n’est pas la première fois que Benetton lance une campagne publicitaire qui soulève des réactions. Plusieurs fois, dans le passé, cette compagnie s’est vue reprocher son audace, tout en devenant presque un symbole du manque de respect. Des personnes, mais aussi de grandes valeurs, ont ainsi été « bafouées » dans des publicités Benetton. Au point qu’il est même permis de se demander pourquoi la compagnie a tenu aussi rapidement compte de la réaction vaticane. Quelle ficelle était disponible et qui s’est avérée aussi efficace? Mais ce n’est pas ce qui retient le plus mon attention.

Malaise. Je comprends la réaction du Vatican et je crois aussi qu’il y a des personnes, des institutions et des valeurs qui méritent le respect. J’ai déjà évoqué la longue pratique de Benetton, qu’il faut bien inclure dans le dossier quand on veut évaluer la situation. Mais mon malaise vient d’ailleurs. Qu’est-ce que le retrait de cette publicité signifie pour la communauté ecclésiale. S’il vient d’une manœuvre de pouvoir qui a obligé Benetton à se rétracter, est-ce que c’était opportun d’aller jusque là? Si c’est Benetton qui a volontiers pris en considération le grief du Vatican et qui a voulu en faire un cas d’exception, puisque les autres publicités continuent de circuler, on peut se demander quel sera le prix de cette manœuvre pour l’Église? Pour les non-catholiques, mais surtout pour les adversaires, cette démarche exceptionnelle ne deviendra-t-elle une autre occasion de déprécier l’Église, de lui reprocher ses privilèges et de dénoncer une « grandeur » peu évangélique? En ce sens, il est permis de croire que le président Obama n’est pas très fier du traitement qu’il a reçu, mais en acceptant de jouer le jeu et d’être victime d’une pratique, par ailleurs souventes fois dénoncée, il se fait du capital de popularité. Est-ce que l’Église doit toujours faire la fine bouche et refuser les conditions médiatiques que notre époque impose?

Je m’interroge publiquement, non seulement pour partager mon malaise, mais pour entendre des opinions complémentaires, opposées ou autres, susceptibles de faire avancer la réflexion.

Jean-Claude Breton, doyen
Faculté de théologie et de sciences des religions

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